Le Matin: Samedi 16 Août 2008 
Retour sur la Scène Musicale : Le Xalam réussit son pari
Personne ne l’aurait cru! Pourtant, c’est ce qui est arrivé. Le groupe Xalam, « réhabilité », a repris ses activités. Il s’est produit avant hier au Quai des Arts de Saint-Louis où il a laissé une forte impression. Les musiciens du groupe ont revisité leur riche répertoire et enflammé le temple culturel exigu pour contenir cette marée humaine. Les Saint-Louisiens, nostalgiques, en redemandent encore. Seulement, le calendrier est très chargé pour la bande à Cheikh Tidiane Tall qui pourrait être de la prochaine édition du Festival International de Jazz de Saint-Louis. Des démarches sont entreprises entre les deux parties. En tout cas, c’est le souci des organisateurs de ce prestigieux rendez-vous inscrit dans l’agenda culturel de la vieille ville.
Le Quai des Arts a été avant-hier le lieu de convergence des mélomanes. Ces derniers se sont déplacés en masse pour assister au premier concert du groupe Xalam. Ils sont venus de divers horizons pour constater de visu la prestation de ces musiciens de renommée internationale. Toutes les tranches d’âge étaient représentées. Personne n’a voulu être en reste. « Je ne pouvais pas manquer ce grand retour mémorable du Xalam », a dit M Bocar Bob qui signale : « jamais de mémoire de Saint-Louisien, une salle n’a accueilli autant de monde ».
En vrais professionnels, la bande à Cheikh Tidiane Tall (ndlr : chef d’orchestre du groupe) s’est présentée sur les lieux avant minuit pour honorer leur engagement vis-à-vis des férus de la musique. Ainsi, bon nombre n’ont pu assister au démarrage du concert. Pendant trois tours d’horloge, Tapha Cissé (percu), Cheikh Tidiane Tall (guitare solo), Baye Babou (guitare basse), Ablo du Burkina Faso (batterie), Ibrahima Koundoul et Souleymane Faye (chants), Jean Phillip Rickel (Keyboard) tous derrière Henry Guillabert aux claviers, ont pris en haleine les mélomanes. Ces musiciens aux talents avérés ont revisité leur riche répertoire sous les ovations d’un public en liesse acquis à leur cause. En véritables nostalgiques, ils ont ouvert leur face à face après plus d’une décennie de séparation, par le morceau « Gorée » pour plonger les mélomanes dans leur passé.
Ce premier morceau était suffisant pour camper le décor où tous les ingrédients étaient réunis pour une bonne performance. La sonorisation était nickel et aucune fausse note n’a été décelée. Ce morceau a été primé « Palme d’Or » au festival de Berlin en 1979. Il constitue un souvenir. Puis, ils ont enchainé tour à tour avec « Kanu » en hommage à la lutte sénégalaise, « Keurgui » où les vicissitudes de la famille sénégalaise ont été dénoncées. Personne ne pouvait rester insensible à cette belle prestation.
Certains tubes comme « Dollé », « Africa », « Lémé », « Sama Waye » avec un rythme pur et dur, ont fait bouger le public. Les mélomanes rivalisaient de talent. Dans ce cercle, il a été très difficile de reconnaître les autorités des autres, puisque chacun, de son côté, montrait ses talents de danseur. Après, une petite pause est opérée pour permettre à l’assistance de reprendre ses énergies et faire face aux musiciens déterminés à les « gâter ». Le début de la deuxième partie était plus soft. Les morceaux « Waliyane » et « Xarit » ont mis tout le monde « chaos ». Les rythmes de la verte Casamance comme « Koumpo », « Tékéressa » ont mis fin à la soirée. Xalam, un groupe de professionnels avérés. On avait l’impression qu’on écoutait une cassette. On ne sentait ni l’absence de Prosper Niang dont la mémoire a plané, ni des ventistes Ansoumana Diatta et Yoro Guèye.
Malgré l’absence de ces derniers et la présence sur scène que de quatre membres fondateurs du groupe Xalam II (Henry Guillabert, Ibrahima Koundoul, Tapha Cissé, Baye Babou), force est de dire que tout le monde avait l’impression d’être en face du Grand Xalam II au complet, tellement leur prestation était merveilleuse. Cheikh Tidiane Tall, égal à lui-même dans ses mélodies lyriques, a égayé le public avec ses doigts de fée. L’autre guitariste Baye Babou à la basse, a encore une fois joué sa partition en tirant au maximum son épingle du jeu et en envoyant les mélomanes dans les méandres des années de gloire du groupe. Le plus impressionnant de la soirée était le jeune batteur burkinabé qui avait la lourde tâche de remplacer Abdoulaye Prosper Niang ravi à notre affection.
Ablo a démontré ses talents et confirmé que la musique afro-beat est universelle. Tapha Cissé, en bon élève de Doudou Ndiaye Rose, a revisité les back des années 80. Jean Phillip Rickel reste l’âme de la musique du Xalam. Il a marqué sa présence par un groove qui a toujours fait l’exception du groupe. Henry Guillabert a su garder les rythmes de leur formation musicale dans le clavier, contrairement au marimba qu’on a l’habitude d’entendre. Souleymane Faye et Ibrahima Koundoul, en bons professionnels, ont réussi à garder les envolées vocales des années 70- 80.
Tout ceci montre que le groupe Xalam est de retour pour le bonheur de la musique sénégalaise et des consommateurs de bonne musique. « C’est excellent ! C’est agréable à consommer », a laissé entendre le Directeur du Crous. Karim Cissé de préciser « quand des professionnels se retrouvent, tout devient facile. Aujourd’hui, c’est un retour gagnant du Groupe Xalam. Je vous assure que rien n’a changé dans leur musique ». Cette performance a d’ailleurs poussé les organisateurs du Festival International de Jazz à choisir ces expérimentés pour l’édition de 2009.
Dix ans après, le Xalam effectue un retour en force
La mythique formation du Xalam a retrouvé le public sénégalais, après plus de dix ans de pause. C’est ainsi qu’après avoir scellé cette unité attendue par tous les mélomanes - à Saint Louis, le jeudi 14 août dernier - ils ont remis cela les vendredi 15 et samedi 16 août à Dakar, au Just 4u.
Au cours de la soirée de samedi, la bande à Henry Guillabert a encore une fois démontré avec brio que la flamme ne s’est, en réalité, jamais éteinte. Les musiciens du Xalam avaient hâte de retrouver le public. Et ils ont tous assuré. L’orchestre a revisité son répertoire avec un réel bonheur. Le public, venu en masse, a réservé un accueil enthousiaste et chaleureux aux papys de la musique sénégalaise. Le doute et les questionnements du début ont laissé la place à une belle envie d’échanger et de communier avec le public. Ils étaient tous déterminés à réussir ce pari du retour gagnant. Et la bande à Koundoul a démontré qu’elle n’a rien perdu de cette pêche et de ce dynamisme qui ont toujours constitué la marque de fabrique du groupe.
Les deux chanteurs ont grandement contribué à restituer cette flamme magique, qui a toujours fait vibrer le public. C’est avec le titre «Gorée» qu’ils ont démarré la soirée. Un morceau qui porte, de manière indélébile, la marque du regretté batteur et métronome de l’orchestre : Feu Abdoulaye Prosper Niang, dont l’ombre a plané tout au long de la soirée. Le jeune batteur du Burkina Fasso, qui a repris ses baguettes, a fait montre d’une maestria qui a fini de convaincre tout le monde quant à l’étendue de son immense talent. Abdoulaye Zon a été tout simplement seigneurial. Jean Phillipe Rykiel, le talentueux claviste non voyant, a émerveillé l’assistance car il n’a rien perdu de son doigté magique. Le guitariste Cheikh Tidiane Tall a encore étalé toute sa classe. Sa joie évidente se percevait sur son visage ; et cela pouvait se comprendre, car il n’a ménagé aucun effort pour réunir une nouvelle fois ses anciens compagnons. Henry Guillabert, le claviste venu de Saint Louis ; Baye Babou, le bassiste, Moustapha Cissé, le percutant percussionniste, ont tous été à la hauteur. Des chansons comme Doolé, Africa, Keur Gui, Xarit et tant d’autres, ont été resservis au public ; qui a manifesté avec exubérance sa joie d’assister à ses retrouvailles. Finalement, après deux heures d’un spectacle époustouflant, les doyens du Xalam ont pris congé du public. Beaucoup de musiciens ont fait le déplacement pour rendre un hommage mérité à ces dignes ambassadeurs de la musique sénégalaise. Habib Faye, Jimmy Mbaye, Ablaye Mbaye, Ablaye Seck, les frères Guissé et tant d’autres, ont tous effectué le déplacement, pour encourager ce nouveau départ riche en promesses. D’autres soirées seront assurées par le groupe ; car ils vont séjourner à Thiès, sur invitation du groupe Wa Flash, avant de boucler cette mini tournée à Dakar, dans un club de la place.
El Hadji Massiga FAYE – Lundi 18 Août 2008 
XALAM II Come-back réussi pour le légendaire groupe
Après leur première sortie au Quai des arts de Saint- Louis, c’était autour de Dakar d’accueillir le groupe Xalam II. Deux soirées concerts ont été organisées vendredi et samedi au Just for You.
Un come-back réussi. C’est le principal sentiment noté au regard des différentes prestations de l’orchestre Xalam II. Outre Cheikh Tidiane Tall, Henri Guillabert, Souleymane Faye, les passionnés de musique ont retrouvé Moustapha Cissé, Ibrahima Coundoul, Jean Philip Rikiel, tandis que le défunt Abdoulaye Prosper Niang était remplacé à la batterie par le Burkinabé Ablo Zon qui joue dans le même style.
En ouverture de la soirée en plein air, l’honneur revenait à la jeune chanteuse Shula Ndiaye d’assurer la première partie sur un « beat » plutôt acoustique (clavier et voix).
Le Xalam II entre en scène sur ce registre, la foule d’admirateurs n’a pas été déçue avec les vieux tubes comme « Massamba bey di daw », « Ade ». L’orchestration valse entre une dominante de percussions africaines relevée par un soupçon de pop rock, de l’afro beat, signé Xalam II.
Les notes de guitare, sous la direction d’un Cheikh Tidiane Tall impérial, disputent la scène au clavier rondement mené par Jean Philip Rikiel au summum de son talent. Comme si cela ne suffisait, le timbre vocal de Souleymane Faye plein de chaleur finit de se frayer un passage au beau milieu de la nuit, sous le lourd ciel d’hivernage.
La météo n’a point ébranlé l’enthousiasme d’un public composé essentiellement d’adultes.
Sur fond de percussions africaines qui tutoient par moment des airs funk et pop, Souleymane Faye puise dans la vieille marmite avec le légendaire « Dooley », « Yoow ».
Très inspiré, le message à forte tonalité sociale, se distingue par sa sagesse et son actualité.
Une démarche musicale qui a fini de reconquérir l’adhésion des mélomanes les plus avertis et convaincre les moins avertis.
Xalam fait figure de pionnier. Champion de l’ouverture, ce groupe de Dakar possède déjà une longue pratique de la scène lorsqu’il arrive en France, mais aussi une aura peu commune pour un groupe africain.
Résolument tourné vers l’avenir, croyant à l’identité progressiste d’une Afrique nouvelle, débarrassée du colonialisme, Xalam est un des premiers groupes sénégalais à avoir délibérément choisi, dès 1976 de s’inspirer des musiciens traditionnelles pour façonner une musique nouvelle.
Mariage de la tradition et de la modernité, Xalam dessine à sa manière cet avenir musical de l’Afrique. Une musique aux rythmes dynamiques, puissants, efficaces, mélange de soul, jazz, funk, rock, et quelques mémoires de Mère Afrique.
Leur option jazz et électrique, attire aux membres du Xalam l’amitié de grands musiciens de jazz américains comme feu Dizzie Gillespie, Kenny Clarke ou Sonny Rollins.
Les cuivres si chauds qu'ils deviennent incandescents. Les chœurs font couler l’émotion. Le cocktail d’une incroyable soirée.
“Je vois mal qui pourrait résister à la furie de leur tempo.”
Les percussions de Xalam
Sénégalais d’origine, les musiciens de Xalam ont été les percussionistes des Rolling Stones et les complices de Michel Blanc dans “Marche à l’ombre.” Le Xalam (est) inventeur de la musique du Sénégal moderne....Le groupe est composé de quatre membres originaux plus le chanteur Seydina Wadé.
Selon H. Lee, “les musiciens de Xalam ont tourné le dos au succès parce qu’ils croyaient à une nouvelle musique où le Sénégal pataugeait encore dans l’afro-cubain”. Signé Hélène Lee
Xalam chauffe l’hiver à Niort, 
Bien qu’ils aient enregistré près d’une demi-douzaine de CD, ...., ces musiciens ont pourtant été les percussionistes des Rolling Stones et les complices de Michel Blanc dans "Marche à l’ombre".... Dans le brouhaha de la ‘musique africaine’ de ces dernières années, on avait failli les oublier. Le Xalam, inventeur de la musique du Sénégal moderne, a survécu à la mort de Prosper, son batteur, et à la déprime qui a suivie. Quatre membres originaux plus le chanteur Seydina Wadé, leur ami de toujours, reviennent avec Wam Sabindam, un album mûr, puissant. Le son Xalam est intact et la maîtrise que l’on sent à travers l’album le distingue de ceux de tous les apprentis-sorciers du métissage qui tente ce genre de fusion.
Respect donc à ces musiciens…

…Comme le groupe sénégalais Xalam qui revient avec Wam Sabindam. Jazz et voix de griots, un groupe magique… Allez Xalam.

Jazz et voix de griots, telle est la mixture qui, depuis la fin des années 70, a fait de ce groupe le pionnier de la world sénégalaise. D’abord porté aux nues par les médias qui ont emboîté le pas à quelques jazzman américains épatés par la jonction be-bop-Afrique, Xalam (prononcer “ralam”, du nom d’un instrument à cordes) s’était éclipsé un temps, sans doute pour se remettre du décès de son batteur, Prosper Niang.
Revoici le mélange qui a fait le succés du groupe avec, plus en avant que jamais, l’alternance de voix basses et enrouées ou haut perchées et nasillardes; un peu plus en retrait, les cuivres tour à tour véloces ou langoureux; quant aux percussions en trame swinguante, elles tisent un tapis brousse raffiné et chantant, savoureusement brodé à l’occasion par ‘la parole’ du fameux tambour tama à deux peaux.
Voilà longtemps que les cinq de Xalam, qui ont beaucoup vécu en communauté, n’avaient réussi à retrouver un tel équilibre. Souhaitons que ce disque leur permette de renouer enfin avec le public le plus large.
Signé Éliane Azoulay

Xalam–Wam Sabindam. Lorsqu’ils explosent au milieu des 80s, sur la lancée syncopée de leurs infernales percussions, de leurs cuivres si ensolleillés qu’ils en sont presque aveuglants et de leurs voix lancées à l’unisson pour percuter le mur du son de l’émotion, les Xalam incarnent totalement cette image à la fois primitive et pourtant si futuriste d’une Afrique en pleine mutation. Croisés dans un studio, les Stones, subjugués, enregistreront avec la participation active du Xalam leur LP Undercover of the Night. Hélas, au lendemain de la réalisation de Xarit, leur troisième album, le cœur du groupe cesse soudainement de battre avec la disparition d’Abdoulaye Prosper Niang, le batteur/porte parole. Cinq trop longues années se sont déroulées durant lesquelles les Sénégalais ont su exorciser par d’inlassables tournées le vide absolu que laissait l’absence de Prosper et aujourd’hui, comme le soleil crève les nuages pour nous réchauffer de ses rayons, parait enfin ce très attendu Wam Sabindam. Le CD attaque sur cette chanson, avec ses chœurs puissants comme une charge d’éléphants dans l’orage subjuguant des percus. En conciliant leurs virulentes racines et une fusion funky technologique très aboutie, les chansons de Xalam acquièrent une âme universelle. Tcheur avec ses tambours hypnotiques et sa basse secousse sismique est un petit bijou de grooverie intense. Afro-flamenco (“M’Jomay”), afro-rasta avec “Yaram”, afro-afro avec “Dikeul”, à la fois Fela et Earth, Wind and Fire, Mory Kante et les JBs, ces douze titres possédés par les dieux de la blackitude effréné n’ont pas fini de vous secouer. Avec ce quatrième album, les tam-tams de Xalam auront l’écho planétaire qu’ils méritent. Signé Gérad Bar-David |